Choisir le GR10, c’est l’option idéale pour s’offrir une initiation qui se transforme en révélation.

Christophe Houdaille

Après le GRR2 à la Réunion et le GR20 en Corse, nous nous sommes lancés un nouveau défi : traverser toutes les Pyrénées, depuis Hendaye dans le Pays Basque jusqu’à Banyuls dans les Pyrénées Orientales sur le GR10. Vous l’aurez compris, nous somme des grands amateurs de treks, de marche sportive et amoureux de la montagne et des grands espaces en général.

Et on peut vous garantir que ça été une sacrée aventure ! Vous allez tout savoir, de nos galères à nos coups de cœurs et surtout des infos pour vous lancer à votre tour, sur quelques jours ou sur plusieurs semaines !

Pour vous mettre l’eau à la bouche avant de commencer votre lecture, quelques secondes en vidéo de notre aventure sur le GR10 à découvrir :

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Présentation du GR10

Le GR10 est un sentier de Grande Randonnée balisé qui traverse toute la chaîne des Pyrénées d’Hendaye à Banyuls. D’une longueur totale de 920 km, il traverse 4 départements et s’effectue sur environ 50-55 jours avec un dénivelé cumulé important de l’ordre de 55 km. Il est possible de partir depuis l’Est ou depuis l’Ouest et de faire que des portions si vous ne souhaitez pas le réaliser en entier.

Nous avons passé 40 jours à marcher sur le GR10, nous avons dû faire quelques ajustements et contourner des portions en raison des orages et de la météo. Avant de s’engager sur ce type d’aventure, il est donc important de s’entrainer un minimum et de connaitre la montagne et ses dangers. Commencez par quelques randonnées à la journée, puis sur quelques jours et cela vous permettra de bien appréhender ce type d’aventure et de bien connaitre également votre matériel.

Le GR10 est très bien balisé et en principe il n’est pas possible de s’y perdre si vous suivez bien les marques rouge et blanche. De nombreux sentiers croisent le GR10, ce qui vous permettra à tout moment de le quitter si besoin.

A savoir : conseils utiles

  • Pour certaines étapes du GR10 compter jusqu’à parfois plus de 8h de marche/jour en fonction de votre niveau, des conditions météo, de la difficulté du terrain
  • Pour toutes les étapes, vous aurez un refuge vous proposant le repas du soir, le dortoir, le petit-déjeuner et le pique-nique du lendemain (la réservation au préalable est vivement conseillée 24 voire 48h à l’avance surtout en période juillet/août). Pour ceux préférant la tente, des zones de bivouac sont toujours disponibles aux abords des refuges et sur des zones bien délimitées. Si vous optez pour le bivouac, pas besoin de réserver (seulement si vous voulez les repas)
  • Tous les gites/refuges où nous avons mangé proposent une alternative végétarienne, il suffit d’appeler la veille ou le matin pour le soir pour réserver et pour leur préciser
  • Prendre de l’argent liquide/chèques pour payer, pas de CB acceptée dans les refuges (tout simplement en raison du manque de réseau). En bivouac compter entre 10 à 15 euros/pers pour l’emplacement de votre tente et un accès aux douches et sanitaires (s’il y en a !)
  • Prendre des tenues pour être parés à tous les climats et toutes les températures : frais/froid la nuit, chaleur et humidité la journée, vent, etc.
  • Si vous vous lavez dans les rivières et si vous y lavez votre linge, n’utilisez surtout pas de savon ou de gel douche industriels. Le mieux est le savon d’Alep naturel (permet de laver le linge, de se laver le corps/cheveux/visage et de se raser pour les hommes)
  • Pour la préservation de l’environnement et le respect de tous les randonneurs, ramassage des déchets obligatoire (s’applique bien sûr sur tous les sentiers de randonnée)
  • Pour bien préparer son GR10 : site officiel Vous trouverez toutes les informations sur les étapes et les refuges.
  • Budget pour l’aventure : 1000 euros/personne pour 40 jours comprenant les hébergements et la nourriture (ne comprend pas le matériel et les frais de déplacement pour atteindre et repartir du GR10)
  • Nous avons effectué ce trajet sans passe sanitaire sans difficulté. Les refuges ne sont pas concernés par la mesure et pour les autres logements, pour une nuit seule pas de problème. En cas de repas, on prenait à emporter ou alors service en chambre par l’établissement

Avant le départ

La priorité avant de partir est de se procurer les Topoguides de la Fédération Française de Randonnée avec le détail de toutes les étapes, le dénivelé par étape, les principales difficultés, etc. C’est un document indispensable à avoir avec vous. Il y en a en tout 4 , un par département traversé. Vous pouvez également prendre une carte IGN, bien utile si vous devez prendre des variantes ou changer vos plans en fonction de la météo.

Il est important d’étudier tous ces documents avant de partir pour appréhender les étapes qui vous attendent et identifier si vous êtes suffisamment à l’aise pour vous lancer ou s’il n’est pas plus judicieux d’effectuer seulement une seule partie du GR10.

Une fois que vous avez pris votre décision, bien évidemment la préparation du matériel est une étape primordiale. Nous avons ressorti notre matériel adapté pour la randonnée sur de longues périodes. Il a été éprouvé et validé sur les GR que nous avons faits. Retrouvez notre article complet sur le choix de notre matériel ICI. Tout a été mûrement réfléchi pendant plusieurs semaines, des comparatifs ont été faits, nous l’avons testé et vous pouvez vous en inspirer si besoin (matériel acheté en 2015, qui a évolué depuis pour certains éléments).

En plus du matériel, nous avons dû nous occuper de la partie nourriture. Dans notre article sur le choix du matériel, retrouver également ce que nous avons emporté avec nous pour avoir de l’énergie, que ce ne soit pas trop lourd et que nous puissions manger végé dans notre cas. A adapter en fonction de vos envies, certains font également le choix du lyophilisé. Pour le GR10, étant donné les ravitaillements disponibles, prévoir 1 à 2 jours de nourriture dans le sac + les encas.

Nos sacs sont prêts, ils font environ 15 kg, ce qui est assez lourd mais nous avons l’habitude de notre matériel. L’idéal serait d’être dans les alentours des 10-12 kg. Mais étant donné que nous sommes amoureux du bivouac, nous sacrifions quelques kilos pour ce plaisir !

Quand partir ?

Afin d’éviter tout sommet enneigé, l’idéal est de partir sur le GR10 sur la période allant de juillet à septembre. Les refuges ouvrent bien plus tôt mais le risque est la présence de neige. Nous avons fait le choix de partir sur août/septembre afin d’assurer l’absence de neige et d’avoir un mois plus calme en terme de tourisme.

Comment venir ?

Que vous démarriez d’Hendaye ou de Banyuls, l’idéal est d’arriver en train car cela vous permettra d’arriver directement dans la ville. Et si vous avez votre réchaud avec vous, vous pourrez transporter les bouteilles de gaz (ce qui est impossible dans l’avion) et éviter la galère de plein de randonneurs : trouver des bouteilles de gaz en plein été la veille du départ.

Nous avons choisi de démarrer le GR10 depuis Hendaye et c’était bien pratique. Nous arrivons directement au centre-ville, nous sommes proches des campings et autres hébergements pour se reposer la veille du départ et le départ du sentier se fait au niveau du casino donc en plein centre-ville.

Notre expérience GR10 étape par étape

Il n’y a pas grand intérêt à vous détailler les étapes des journées car vous trouverez ces informations dans les topoguides. Par contre nous allons vous donner nos choix d’itinéraires, les hébergements et zones de bivouacs testés sur le GR10, les tarifs, les durées/dénivelés des journées avec notre ressenti et des bons plans et des conseils qui nous auraient été utiles si nous les avions eu, nous, avant de partir. En bref, notre retour d’expérience pour que vous puissiez préparer au mieux votre aventure. Des liens vers tous les hébergements testés sont disponibles tout au long de la lecture pour les consulter si besoin.

Pour information, dans les descriptifs suivants D+ signifie dénivelé positif et D- dénivelé négatif.

Veille du départ GR10

Nous sommes le 10 août 2021, la veille du départ sur le GR10, nous arrivons à Hendaye en milieu d’après-midi. Après quelques minutes de marche, nous posons notre tente au camping municipal Alturan dans la zone de bivouac dédiée (pas nécessaire de réserver). Un très bon camping avec douches et sanitaires, un restaurant et même une épicerie pour les achats de dernière minute. Vous serez à quelques minutes à pied de l’Océan et de la ballade du front de mer. Étant donné que le camping dispose d’un restaurant, le passe sanitaire est demandé à l’entrée… Les propriétaires sont très accueillants et aiment beaucoup les randonneurs, ils vous donneront plein de bons conseils.

Tarif : 36 euros pour 2 pour la nuit en bivouac

J1 : d’Hendaye au village d’Olhette (11 août 2021)

21 km / 6h40 / 600m D+ et 400m D-

Ça y est c’est le grand départ du GR10 ! Nous commençons cette journée tranquillement avec des dénivelés progressifs. Nous nous enfonçons dans la magnifique campagne Basque et traversons des petits villages typiques (dont le très joli village de Biriatou, arrêt obligatoire) !

Biriatou
Campagne Basque

Nous arrivons à Olhette et nuit au gîte Trapéro Baïta chez l’habitant : chambres et bivouac possible. Table d’hôte, piscine, jeux pour enfants. Nous vous conseillons vraiment ce gîte pour l’accueil exceptionnel du propriétaire, les tarifs et être directement plongé dans la culture Basque dès le 1er jour de l’aventure (et de toute façon il n’y a pas grand chose aux alentours).

Tarif : 30 euros/personne pour la nuit en bivouac, repas du soir et petit déjeuner

J2 : d’Olhette à Ainhoa (12 août 2021)

21 km / 6h15 / 500m D+ et 500m D-

Après avoir commencé la journée par une belle montée jusqu’au col des 3 fontaines, vous continuerez la journée en traversant 2 villages classés comme plus beaux villages de France : Sare et Ainhoa à l’arrivée. Vous verrez également le train qui monte au sommet de la Rhune en redescendant du col des 3 fontaines.

Arrivés à Ainhoa, nous apprenons que le camping est fermé. Comme nous n’avons rien réservé, tout est complet (village très touristique). Donc nous faisons du bivouac à la chapelle Notre Dame de l’Aubépine en continuant le GR10 sur environ 40 minutes. Point d’eau, poubelles et emplacement plat pour bivouac. Pas de douche ni WC. Si vous n’avez pas de tente, il faut absolument réserver un hébergement pour cette étape.

1er vrai bivouac à la dure sur le GR10 et nous ne sommes qu’à J2, ça promet 😉

Bivouac à la chapelle d’Ainhoa
Matériels de cuisine pendant le bivouac

J3 : d’Ainhoa à Bidarray (13 août 2021)

21 km / 6h45 / 1000m D+ et 1000m D-

Ça y est les gros dénivelés du GR10 commencent ! Une longue journée mais sans difficulté particulière. Fin de journée à Bidarray, petit village avec supérette pour le ravitaillement.

Nuit au gîte Aire Zabal : chambres, dortoirs, aire de bivouac avec douches et WC. Tarif : 6 euros/personnes pour le bivouac

J4 : de Bidarray à St Etienne de Baïgorry (14 août 2021)

23 km / 8h / 1200m D+ et 1200m D-

On continue encore avec une journée rude avec passage sur des crêtes. Mais vue époustouflante du haut du pic et des crêtes d’Iparla. Quelques passages techniques avec mains courantes. En cas de vertige ou de mauvais temps, prendre la variante du GR10 pour éviter les crêtes (variante indiquée sur panneau et topoguide).

Nuit au camping municipal de St Etienne de Baïgorry. Intermarché à 2 minutes à pied. Tarif : 8 euros/personne en tente

J5 : de St Etienne de Baïgorry à St Jean Pied de Port (15 août 2021)

18 km / 6h30 / 850m D+ et 850m D-

Journée agréable avec quand même encore du dénivelé mais plus progressif. Avant d’arriver à St Jean Pied de Port, on vous conseille un arrêt au café du village de Lasse.

Arrivée à St Jean Pied de Port, ville très touristique et point de départ de nombreux sentiers, dont le Chemin de Saint Jacques de Compostelle. Donc de nombreux randonneurs et touristes, on vous conseille vivement de réserver votre logement si vous n’êtes pas en tente. Camping municipal disponible mais nous avons fait le choix de prendre un Air BnB car nous faisons 1 jour d’arrêt dans cette ville pour notre pause hebdomadaire. Nous avons trouvé un magnifique loft en plein cœur du centre historique sur AirBnB, idéal pour se reposer et visiter à pied.

J6 : Pause et visite de St Jean Pied de Port (16 août 2021)

J7 : de St Jean Pied de Port au gîte de Kaskoleta (17 août 2021)

16 km / 5h / 450m D+ et 400m D-

Une petit journée courte et agréable. Arrivée au gîte d’étape de Kaskoleta : chambres et bivouac possible. Très bon accueil

Tarif : 32 euros/personne pour bivouac, repas du soir, petit déjeuner et pique nique midi

J8 : du gîte de Kaskoleta aux Chalets d’Iraty (18 août 2021)

19 km / 8h / 1100m D+ et 100m D-

Une journée longue avec quasiment que de la montée. Vous traverserez la magnifique forêt d’Iraty, plus grande hêtraie d’Europe.

Arrivée aux Chalets d’Iraty, des chalets répartis en pleine forêt dans un cadre reposant. Se rendre à l’accueil pour obtenir un logement et des renseignements. Il y a un camping mais à 2 km du GR10. Epicerie à côté de l’accueil.

Nuit dans une chambre individuelle d’un chalet pouvant accueillir plusieurs randonneurs. Salle commune, cuisine et douches/WC communs. Tarif : 15 euros/personne pour la nuit en chambre individuelle

J9 : des Chalets d’Iraty à l’auberge Logibar (19 août 2021)

27 km / 6h40 / 100m D+ et 900m D-

Pour changer d’hier, aujourd’hui que de la descente. La distance est longue mais en descente ça passe bien.

Arrivée à l’auberge Logibar, seul hébergement sur la fin de l’étape donc réservation vivement conseillée. Bivouac pas possible, seulement nuit en dortoir ou chambre individuelle. Bonne ambiance, très bon accueil et cuisine très bonne (option VG possible). 1/2 pension non obligatoire (salle et cuisine commune disponible)

Tarif : 80 euros/personne pour nuit en dortoir, repas du soir, petit déjeuner et pique nique midi

J10 : de l’auberge Logibar au bivouac au Pont d’Enfer (20 août 2021)

21 km / 8h / 1000m D+ et 800m D-

Une belle étape même si longue et avec pas mal de dénivelé. Vous traverserez des gorges et des passerelles en début de journée pour finir la journée sur de magnifiques points de vue.

Pour finir cette journée, nous avons décidé de faire du bivouac au Pont d’Enfer avant les gorges de Kakouetta. Après un pont qui traverse la Gave de Ste Engrace et avant de rejoindre la départementale, il y a une place de parking dans l’herbe où il est possible de poser une tente. Point d’eau juste en dessous pour baignade.

Si vous souhaitez continuer jusqu’au prochain gîte, il faudra marcher 1h15 de plus jusqu’au village de Ste Engrace. Aucun ravito sur la route, prévoir si bivouac au pont d’Enfer.

J11 : du bivouac au Pont d’Enfer à Arette la Pierre St Martin (21 août 2021)

15 km / 6h / 1200m D+ et 100m D-

Une belle étape malgré une journée avec quasiment que de la montée mais sur une plus petite distance que les autres jours. Passage par le magnifique village de Ste Engrace puis col St Martin avant d’arriver avec magnifique vue sur le pic d’Anie et la chaîne des Pyrénées côté Espagne. Arrivée à Arette la Pierre St Martin qui est une station de ski l’hiver mais tout de même active l’été avec fonctionnement des télésièges pour rejoindre des sentiers de randos, VTT, etc.

Dans la station, de nombreux restaurants et bars et 1 épicerie pour le ravitaillement.

Nuit au refuge Jeandel : chambres et bivouac possible. Tarif : 8 euros/personne pour bivouac + petit déjeuner

J12 : d‘Arette la Pierre St Martin au camping de Lauzart (22 août 2021)

17 km / 7h / 300m D+ et 1100m D-

Une magnifique journée avec des points de vue impressionnants, surtout au niveau du passage du Pas de l’Osque. Falaises calcaires merveilleuses et de nombreux animaux sauvages rencontrés : marmottes, isards… Que de la descente quasiment en plus donc on profite bien. On quitte le Pays Basque pour entrer en Pays Béarnais.

Arrivée au camping du Lauzart juste après le magnifique village de Lescun (épicerie à Lescun pour le ravitaillement).

Un super camping familiale avec un grand espace de bivouac. Sanitaires spacieux et très propres, grande cuisine commune, un espace commun pour travailler/se détendre, snack avec plats à emporter…

Tarif : 15 euros pour 2 personnes pour le bivouac

J13 : du camping de Lauzart au village de Borce (23 août 2021)

14 km / 5h / 800m D+ et 1000m D-

Le matin que de la montée et l’après-midi que de la descente vers Borce. Étape agréable et arrivée dans un magnifique village où nous faisons notre pause hebdomadaire.

Nuit dans chambre individuelle avec terrasse à la chambre d’hôtes Maison Bergoun. Plusieurs chambres individuelles, table d’hôtes possible.

Tarif : 74 euros pour deux personnes/nuit avec petit-déjeuner

J14 : Pause et visite du village de Borce (24 août 2021)

J15 : du village de Borce au refuge d’Ayous (25 août 2021)

15 km / 6h / 1500m D+ et 200m D-

Sûrement une des plus belle étape de ce GR10. Départ de Borce et passage par chemin de la mâture creusé à flan de colline et vue sur le fort du Portalet.

Fort du Portalet

Chemin de la Mâture

Puis montée progressive vers le col d’Ayous (premier passage sur le GR10 à plus de 2000m d’altitude). Depuis le Col d’Ayous, magnifique vue sur l’impressionnant Pic du Midi d’Ossau qui se reflète dans le lac Gentau.

Descente vers le refuge d’Ayous, un gîte écologique : pas de douche pour économiser l’eau (baignade possible dans le lac pour les courageux) et toilettes sèches. Emplacement de bivouac avec vue sur le lac, dortoirs, repas au refuge excellents (option VG). Très bonne ambiance et accueil fabuleux, on vous conseille vraiment de vous arrêter là pour profiter de ce lieu magique (avec coucher et lever de soleil fabuleux) ! Réservation conseillée pour nuit en dortoir

Tarif : 30 euros/personne pour nuit en bivouac, repas du soir + petit déjeuner

J16 : du refuge d’Ayous au bivouac aux cabanes de Cézy (26 août 2021)

18 km / 7h / 600m D+ et 1000m D-

Après avoir profité du lever de soleil et des couleurs magnifiques, redescente tranquille vers le village de Gabas.

Sur la route on croise de nombreux lacs dont le lac de Bious Artigues, petit arrêt conseillé à la crêperie pour la pause de 10h, accueil et spot sympa 🙂

Arrivés à Gabas, ravito dans une petite épicerie en bord de route, plusieurs boulangeries dans le village. Après Gabas, remontée longue et pentue jusqu’aux cabanes de Cézy. On s’arrête là pour faire du bivouac car seul point d’eau avant la prochaine étape à 13km. Si vous ne pouvez pas faire de bivouac alors il faut s’arrêter à Gabas. Pour ceux qui n’ont pas de tente mais qui veulent s’arrêter là, il y a une cabane en dur avec possibilité de dormir à l’intérieur mais hygiène plus que médiocre.

Aux cabanes de Cézy, grand plateau herbeux enclavé à l’abri du vent idéal pour bivouac, une seule source au débit très faible mais tout de même existante à droite en remontant le petit cours d’eau avant la cabane de berger.

Lac de Bious Artigues

Plateau de Cézy

J17 : au bivouac aux cabanes de Cézy à Gourette (27 août 2021)

13 km / 6h30 / 800m D+ et 900m D-

Une journée qui ne parait pas si compliquée mais qui a été très difficile en raison du terrain, beaucoup de caillasses et des pentes raides. Le matin montée dans la caillasse vers la Hourquette d’Arre puis redescente interminable dans la caillasse également jusqu’à la station d’hiver de Gourette, également animée l’été.

Vers la Hourquette d’Arre
Lac d’Anglas

A Gourette, il y a un camping mais éloigné du centre, il faut appeler une navette, donc pas pratique. On décide un peu au hasard d’aller à l’hôtel La Boule de Neige au pied des pistes. Et franchement on vous le conseille vivement ! Le restaurant est vraiment excellent, les chambres sont magnifiques et confortables et l’accueil du personnel est un 10/10, tellement de gentillesse et de bienveillance envers les randonneurs on est accueillis comme des rois !

Tarif pour une nuit reposante : 65 euros/personne pour chambre individuelle et 1/2 pension

J18 : de Gourette à Arrens Marsous (28 août 2021)

13 km / 6h30 / 800m D+ et 800m D-

Une journée mieux équilibrée et plus agréable que la veille. Pas de difficulté particulière. On passe dans un nouveau département, les Hautes-Pyrénées !

Vue sur Gourette
Vue sur Arrens Marsous

Arrivée dans le très joli petit village d’Arrens Marsous avec supérette, boulangerie, restaurant… Nuit au camping La Hèche très agréable et proche du centre.

Tarif : 11 euros pour le bivouac

Arrens Marsous
Camping La Hèche

J19 : d’Arrens Marsous à Cauterets (29 août 2021)

15 km / 6h30 / 1100m D+ et 0m D-

Le matin que du plat pendant 3h jusqu’au lac d’Estaing. Puis à partir du lac, on entame les 1100 m de D+ jusqu’au col d’Ilhéou. Après il y a 1000m de D- jusqu’à Cauterets sans intérêt. Pour avancer plus vite, prendre le télésiège sur la crête des Lys (indiqué par panneau depuis le col). Vous arriverez directement dans le centre-ville de Cauterets !

Lac d’Estaing
Col d’Ilhéou

Vue depuis le col d’Ilhéou

Nuit à l’hôtel Résidence Le Lys qui propose des studios avec cuisine équipée, bien pratique pour se faire la cuisine sur plusieurs jours. Nous restons là pour 2 nuits pour notre pause hebdomadaire. Tarif/nuit entre 55 et 65 euros

J20 : Pause et visite de Cauterets (30 août 2021)

Studio Résidence Le Lys
Cauterets
Cauterets

J21 : Cauterets (31 août 2021)

Nous aurions dû repartir ce jour mais des orages sont prévus sur le reste du parcours en haute montagne, donc nous ne pouvons pas nous engager. Nous faisons tout de même une randonnée à la demi-journée jusqu’au Pont d’Espagne et Lac de Gaube en restant que le GR10. Depuis la gare routière de Cauterets, nous prenons un bus jusqu’au Pont d’Espagne, puis nous montons à pied au lac. Et ensuite redescente vers Cauterets par le sentier des cascades. Nuit au studio.

Cascades depuis le Pont d’Espagne
Lac de Gaube

J22 : De Cauterets à Barèges (1er septembre 2021)

Les orages sont toujours là, nous ne pouvons pas nous engager, alors afin d’avancer, nous prenons un bus qui nous conduit jusqu’à Luz Saint Sauveur, étape sur le GR10. Le bus aurait pu nous déposer directement à Barèges mais nous pouvons faire facilement à pied le trajet Luz Saint Sauveur-Barèges (8 km/500m D+). Nuit au camping La Ribère à Barèges avec une zone bivouac et une belle salle commune, sanitaires et WC.

Tarif : 13 euros pour 2 personnes pour le bivouac

Si les orages ne nous avaient pas fait dévier, nous aurions rejoint Barèges depuis Cauterets en 3 jours.

Luz Saint Sauveur

J23 : De Barèges au bivouac au lac d’Aubert (2 septembre 2021)

17 km / 6h15 / 1300m D+ et 300m D-

C’est sous la pluie que nous commençons cette journée, mais il faut bien repartir et au moins il n’y a pas d’orage par ici. La journée commence par les 1300m D+ jusqu’au col de Madamète (alt. 2509 m). Nous croisons de nombreux et magnifiques lacs de montagne ainsi que le refuge au pied du col qui est en cours de construction (donc il y aura possibilité de faire halte à ce niveau là bientôt). Mais pour l’instant ce n’est pas le cas et nous continuons. Arrivés en haut du col nous redescendons vers notre emplacement de bivouac aux abords du lac d’Aubert. Nous sommes au sein de la réserve naturelle nationale de Néouvielle et donc le bivouac est réglementé : seulement dans l’espace dédié et entre 19h et 9h. Attention un garde forestier surveille et informe sur les règles à respecter.

On pose notre tente aux abords du lac, on en profite pour piquer une tête, laver nos vêtements et profiter du magnifique spectacle de cette réserve naturelle.

Lac d’Aubert

Si vous ne pouvez pas faire de bivouac, alors il vous faut continuer l’étape jusqu’au lac de l’Oule pour atteindre le refuge (+ 6km).

J24 : Du bivouac au lac d’Aubert au bivouac au Pla de Castillon (3 septembre 2021)

12 km / 6h30 / 300m D+ et 800m D-

Après ce magnifique bivouac, on enchaine sur une journée tranquille à croiser encore plusieurs lacs. Plusieurs phases de plats qui permettent d’apprécier la journée.

On traverse la station de ski dans les hauts de Saint Lary Soulan et au niveau du col de Portet, on se dirige vers le Pla de Castillon pour notre bivouac. On aurait pu continuer vers le prochain village (Bourisp) mais on veut encore faire une nuit de bivouac et surtout qu’on n’a pas le courage d’entamer les 800m de D- qui viendrait s’ajouter à la journée alors on s’arrête là. C’est une zone plate idéale pour le bivouac mais par contre on a bien galéré à trouver la source et en plus le débit était très faible, on a bien galéré à se laver et à remplir nos gourdes d’eau. Mais c’est ça l’aventure ! La source est indiquée sur le topoquige ou sur une carte IGN, elle n’est pas du tout indiquée par un panneau.

On profite donc de la soirée et du coucher de soleil sur ce plateau herbeux avec vue sur la vallée.

Col de Portet
Bivouac au Pla de Castillon

J25 : Du bivouac au Pla de Castillon au village de Bourisp (4 septembre 2021)

10 km / 2h / 0m D+ et 800m D-

On redescend tranquillement vers le village de Bourisp où on se pose au camping La Mousquère, un camping 3* à 10 euros la nuit en tente, on ne vas pas s’en priver !

On arrive assez tôt après 2h de marche mais ça va nous permettre de profiter de la journée pour se reposer un peu après 2 bivouacs et des nuits pas très complètes, laver nos affaires et surtout les faire sécher, se ravitailler (intermarché à 2 min à pied du camping). On profite aussi de l’après-midi pour visiter le charmant petit village de Vieille Aure juste à côté à pied aussi.

Vieille Aure
Vieille Aure

J26 : Du village de Bourisp au village de Germ (5 septembre 2021)

12 km / 5h / 700m D+ et 700m D-

Après une journée reposante hier, on entame la journée avec la montée de 700 m jusqu’au Couret de Latuhe. Puis on entame la descente vers Loudenvielle et son magnifique lac. Une petite ville avec plein de restaurants, bars et superette pour le ravitaillement. L’après-midi on se fait un petit plaisir en prenant les télécabines du Skyvall qui fonctionnent même en été pour les VTT et les randonneurs. Ça nous évite la montée vers Germ. Les télécabines nous amènent directement à la station de Peyragudes, très animée également. Vous longerez l’aérodrome où l’intro du film de James Bond “Demain ne meurt jamais” a été tournée 😉

Vue sur Loudenvielle
Loudenvielle

Télécabine de Loudenvielle
Aérodrome de Peyragudes

Puis on redescend vers Germ, en une petite heure de marche. On rejoint notre refuge, le Centre de Montagne, qui dispose de nombreuses chambres et d’une zone de bivouac, et il y a même une belle piscine avec vue sur les montagnes 🙂

Le Centre de Montagne à Germ

A cette période, le gîte est complètement vide mais tout reste ouvert pour les randonneurs de passage. Les propriétaires ont une énorme confiance. Ils ne sont pas là mais ils nous laissent profiter des lieux. On dépose l’argent sur le bureau de l’accueil (17 euros pour le bivouac pour 2 personnes) et on peut bénéficier de tout le gîte : sanitaires et WC, salle commune, salle à manger, piscine… Une adresse incontournable à Germ !

J27 : Du village de Germ au bivouac au Lac d’Ôo (6 septembre 2021)

15 km / 5h40 / 1000m D+ et 1000m D-

On démarre la journée par la montée jusqu’au Couret d’Esquierry (700m D+). A ce niveau là on passe dans le département de la Haute-Garonne ! Puis une descente 1000 m D- jusqu’aux Granges d’Astau où vous pouvez être hébergés dans plusieurs gîtes si vous ne souhaitez pas continuer. Nous préférons continuer jusqu’au refuge du lac d’Ôo (300m D+ en 45 min). Depuis les granges, il y a un parking pour accéder au lac donc beaucoup de mondes sur cette portion, prévoyez de réserver le refuge si vous dormez en dortoir. Comme nous avons la tente, aucun problème et à cette période également il y a de moins en moins de monde, le mois de septembre est vraiment idéal !

On pose notre tente sur les aires de bivouac et nous profitons du magnifique spectacle du lac et de sa cascade. Les gérants du refuges sont très sympathiques et se donnent beaucoup de mal pour faire vivre ce refuge. Ils montent tout en sac à doc depuis le parking des granges, c’est un travail titanesque ! Alors on les soutient en prenant le repas du soir, le petit déjeuner et quelques consommations que nous partageons avec les gérants et un autre randonneur de passage également pour la nuit ! Ce genre de moment unique !

Tarif : 30 euros/personne pour bivouac + repas du soir + petit déjeuner

Lac dÔo et le refuge

Il y a également un autre refuge, le refuge d’Espingo plus loin en continuant le GR10 si vous en avez le courage (450 m D+ et 3 km)

J28 : Du bivouac au Lac d’Ôo à Bagnères de Luchon (7 septembre 2021)

12 km / 5h45 / 700m D+ et 400m D-

On démarre la journée avec les 700m D+ avec quelques passages assez pentus et dans la caillasse. On atteint la Hourquette des Hounts Secs puis le col de la Coume. On redescend ensuite vers Super Bagnères, la station de ski dans les hauts de Bagnères de Luchon. Arrivés à Super Bagnères on fait comme beaucoup d’autres randonneurs, du STOP ! Pour rejoindre Bagnères de Luchon il y a une descente de 1200 m D- sans intérêt donc pour s’économiser, on fait du STOP et ça marche en moins de 2 minutes 😉

Une gentille famille nous dépose devant notre camping, Camping au fil de l’Ôo. Un camping très agréable, très bon accueil, un snack et proche du centre-ville pour le ravito. On y reste 2 nuits pour notre pause hebdomadaire.

Tarif : 15 euros/jour pour 2 personnes pour le bivouac

J29 : Pause au camping de Bagnères de Luchon et visite de Luchon (8 septembre 2021)

J30 : Transit de Bagnères de Luchon à Merens les Vals (9 septembre 2021)

Les orages sont de retour, et ils sont violents apparemment sur les hauts sommets de l’Ariège que nous devons traverser. Donc 3 solutions : attendre que ça passe sans savoir quand ça va s’améliorer et rester à l’arrêt, arrêter ici le GR10 (on est pile à la moitié) car on sait que la météo ne va pas aller en s’améliorant, soit sauter l’étape critique niveau météo et finir la dernière portion du GR10.

Nos jambes et nos envies de continuer l’aventure ont parlé, on décide tant pis de sauter une partie du GR10 (quasiment l’ensemble de l’Ariège, mais que nous connaissons déjà donc peu de regret). On évite ainsi les orages et on ne se met pas en danger.

On prend donc un bus au matin à la gare routière de Bagnères de Luchon qui nous emmène à une gare SNCF afin de rallier Toulouse. A Toulouse, nous prenons un autre train pour arriver au petit village de Mérens-les-Vals, à la fin de l’Ariège avant d’entrer dans le département des Pyrénées Orientales.

Donc une journée essentiellement de transport. A Mérens-les-Vals pas de camping ou de zone de bivouac, donc nous dormirons à l’Auberge du Nabre. Et on ne regrette pas de s’être arrêté là ! La bâtisse est magnifique et très bien restaurée, ça valait le coup juste pour voir l’intérieur. Accueil très chaleureux des propriétaires qui nous laissent le choix entre table d’hôtes ou utilisation de la cuisine commune. Pour cette fois, nous mangeons nos réserves mais nous prenons le petit-déjeuner qui ne nous déçoit pas, un vrai repas de roi ! Une adresse qu’on recommande !

Tarif : 54 euros pour 2 personnes pour la chambre individuelle avec petit déjeuner

Arrivée en train à Mérens
Mérens Les Vals

J31 : De Merens les Vals au refuge des Bésines (10 septembre 2021)

9 km / 5h / 1200m D+ et 300m D-

Une petite journée pour la reprise après 2 jours d’arrêt, sous la pluie évidemment… On entame la montée (avec arrêt au magnifique étang de l’Estagnas) puis la légère descente vers le refuge des Bésines. Étant donné la distance de la journée on arrive à 13h, ce qui nous laisse le temps de profiter des abords du refuge et de la salle commune étant donné qu’il pleut ! On aurait pu continuer mais la pluie nous décourage. Donc on en profite pour échanger avec les autres randonneurs, jouer aux cartes, profiter de l’instant présent tout simplement 🙂

Tarif : 50 euros/personne pour le bivouac, repas du soir + petit déjeuner

Etang de l’Estagnas
Aire bivouac Refuges des Bésines

J32 : Du refuge des Bésines à Bolquère (11 septembre 2021)

30 km / 8h / 700m D+ et 1000m D-

La plus longue journée du GR10, 30 km ! Heureusement qu’hier nous n’en avons fait que 9 ! Nous quittons le refuge et commençons par 2 cols et 700m D+. Au col Portella de la Grava, nous entrons dans le dernier département de ce GR10, les Pyrénées Orientales, notre terre natale (nous sommes originaires de petits villages à côté de Perpignan). Très émouvant pour nous de traverser notre département à pied 🙂

Après ce col, nous entamons la descente (plutôt un faux plat en descente) sur de longs km. Nous longeons le magnifique lac des Bouillouses. Avant d’atteindre Bolquère, nous faisons un crochet à Super Bolquère pour le ravitaillement (il y a un supermarché), ce qui nous rallonge encore plus la journée mais pas le choix à Bolquère il n’y a pas grand chose.

Lac des Bouillouses

Après nos courses, nous arrivons à 19h et assez épuisés après cette longue journée à notre hôtel L’Ancienne Auberge, nous avons besoin d’une bonne nuit réparatrice alors on se fait plaisir 🙂 Un bon hôtel avec un bon et copieux petit-déjeuner pour repartir le lendemain.

Tarif : 85 euros pour une chambre individuelle pour 2 personnes avec petit-déjeuner

J33 : De Bolquère au Refuge Ras de la Carança (12 septembre 2021)

15 km / 6h30 / 1000m D+ et 500m D-

On continue aujourd’hui les petits plaisirs, on n’est pas seulement sur le GR10 pour souffrir 😉

C’est à Bolquère où il y a la gare SNCF la plus haute en altitude d’Europe. Et c’est là aussi où passe le célèbre petit train jaune, un petit train de montagne qui existe depuis 1910 classé Monument Historique, si vous venez en pays catalan, n’hésitez pas à le prendre afin de faire perdurer notre patrimoine 🙂

Bref donc on prend le petit train et on s’arrête à Planès (on fait moins de 10 minutes de train c’est très rapide), ce qui nous fait économiser 2h de marche tout de même. Après la journée d’hier on est sur un objectif d’économiser un peu nos muscles aujourd’hui. On fait une montée, puis une redescente et on s’économise encore un peu de km en sortant du GR10 (on ne va pas à la cabane de l’Orri, on coupe à travers un sentier forestier pour aller directement à l’abri d’Aixeques – avec le topoguide c’est très facile de suivre sur la carte). On économise encore 1h de marche. A la cabane on entame la dernière montée assez raide sur la fin vers le col Mitja. Puis dernière descente vers le refuge du Ras de la Carança. A ce refuge seulement des toilettes sèches, pas de douche donc c’est direction la rivière juste à côté ! Dortoir et aire de bivouac disponible (pour le bivouac remonter la rivière et passer le pont). Très bon accueil des gérants et un bon petit déjeuner copieux.

Tarif : 7.5 euros/pers pour bivouac et petit déjeuner

J34 : Du Refuge Ras de la Carança au village de Py (13 septembre 2021)

17 km / 6h30 / 700m D+ et 1500m D-

On commence la journée par une première montée vers un col, puis redescente vers le charmant village de Mantet. Au centre du village, il y a une fontaine avec une source d’eau. La brasserie fait épicerie mais c’est fermé quand on passe. Pas de problème il y a aussi une épicerie à Py si besoin. Avant de quitter Mantet, on visite la belle petite église.

Puis on monte vers le col de Mantet et on entame la descente vers Py. A Py il y a une aire de bivouac pour les randonneurs au fond du jardin d’enfant. Il y a un robinet d’eau et des toilettes mais franchement très sales. Donc on opte pour des gîtes mais ils sont soit complets, soit en dortoir ce qui ne nous branche pas. Après avoir appelé le gîte Casa Sant Pau, les gérants acceptent qu’on prenne juste une douche pour 1 euro/personne, apparemment ils le font souvent pour les randonneurs et franchement on apprécie le geste ! Une fois propre on peut aller poser notre tente sur l’espace de bivouac de la commune de Py et on se ravitaille à l’épicerie du village.

Col de Pal
Mantet

J35 : Du village de Py au refuge de Bonne-Aigue (14 septembre 2021)

22 km / 8h / 1000m D+ et 300m D-

Ça été une longue et éprouvante journée ! On commence la journée par 600 m de dénivelé positif jusqu’au refuge Mariailles. Ravitaillement possible. D’ici vous pouvez partir pour l’ascension du Pic du Canigou en 4h, un des points culminants du département. Nous, on continue pendant 4h aussi, mais sur un chemin bien empierré avec certains passages un peu difficiles surtout que la pluie et les orages sont de retour… Les pierres sont glissantes on doit y aller doucement, le tonnerre se rapproche et de fortes rafales de vent nous déséquilibre constamment (vous voyez un peu le tableau ?). On arrive trempés et fatigués à la cabane de Bonne-Aigue non gardée. C’est possible de s’abriter à l’intérieur, il y a même un poêle à bois mais fortement déconseillé de dormir à l’intérieur, il y a des rongeurs qui rodent. Mais elle est bien pratique pour s’abriter si besoin. Avec le vent, on évite l’espace de bivouac exposé en plein vent et on se positionne directement sur le sentier forestier à l’abri un peu des arbres ce qui coupe le vent. A côté de la cabane il y a un point d’eau avec un bac permettant de se laver vite fait pendant la tempête…

On se réfugie dans notre tente et pendant la nuit et on a du mal à dormir entre le tonnerre et les rafales de vent, plusieurs fois on s’est dit qu’on allait aller s’abriter dans la cabane mais avec le risque que notre tente s’envole et qu’on perde tout… Finalement en milieu de nuit le vent s’est calmé et nous a laissé dormir quelques heures… Il fallait bien qu’on vive une nuit cauchemardesque sur le GR10 sinon l’aventure n’aurait pas été complète 😉

Chemin empierré
Cabane non gardée Bonne-Aigue

J36 : Du refuge de Bonne-Aigue au refuge des Cortalets (15 septembre 2021)

4 km / 2h / 400m D+ et 0m D-

Après cette magnifique nuit reposante, le destin est avec nous car le beau temps est revenu ! Car aujourd’hui est un jour important. Avant de partir on profite de la vue sur la vallée qu’on n’avait pas pu voir hier depuis la cabane, c’est merveilleux ! Puis après 2h de marche on arrive au refuge des Cortalets. On y dépose nos sacs et on se lance dans l’ascension du Pic du Canigou ! Depuis ce refuge, le sommet est à environ 1h30 de marche avec 600m D+, ce qui est très intéressant en le couplant avec nos 2h de marche de la matinée.

Refuge des Cortalets
Vers le Pic du Canigou

Pourquoi c’est un jour important ? Tout simplement car le Canigou est la montagne sacrée et emblématique des catalans. En tant que catalans d’origine, la tradition c’est de monter au moins une fois dans sa vie au sommet (2780 m). Alors on ne pouvait pas passer à côté sans faire cette ascension hors GR10. Nous avons un temps magnifique, mais un vent glacial souffle, heureusement nous sommes bien équipés. Après 1h30 de marche sans difficulté particulière (juste la fin le chemin devient très empierré, il faut mettre un peu les mains mais rien de technique), on atteint le sommet. On a une vue époustouflante à 360° avec une croix qui domine au sommet.

Franchement ça vaut le coup de monter et en plus on l’a pratiquement rien que pour nous en cette période !

On pique-nique au sommet, puis on redescend vers le refuge pour y passer tranquillement l’après midi. Dortoirs et zone de bivouac disponible ainsi qu’un snack à toute heure. L’accueil est au top et l’équipe de jeunes qui tient le refuge mérite de s’y arrêter. Le repas du soir est un vrai gueuleton et le petit-déjeuner également, on est bien servis ici 🙂

Tarif : 23 euros/personne pour bivouac avec repas du soir + petit déjeuner

J37 : Du refuge des Cortalets au bivouac Moulin de la Palette (16 septembre 2021)

15 km / 3h30 / 300m D+ et 1000m D-

La pluie est revenue pendant la nuit, et ce n’est pas de la petite pluie, ce sont des trombes d’eau (on n’exagère pas on connait bien la pluie après 10 ans en Bretagne 😉 ). On nous déconseille d’aller vers notre prochain gîte Batère et de redescendre plutôt en vallée. Donc on sort du GR10, on prend le GR36 (d’où l’utilité d’avoir une carte IGN) et on descend jusqu’au petit village de Valmanya. Étant donné que notre famille est toute proche, elle nous rejoint pour manger avec nous, la pluie s’étant calmée en plaine. On profite du véhicule pour faire quelques courses puis on nous dépose après Arles sur Tech qui aurait du être notre arrêt du soir, mais la montée du lendemain est sans grand intérêt (on connait un peu déjà le coin). Donc on reprend le GR10 au-dessus d’Amélie les Bains, direction l’ancien écogîte du Moulin de la Palette par la route. Ancien car il n’est plus exploité. Arrivés devant, il est bien plus que non exploité, il a été racheté par des particuliers qui ont clôturé toute la zone. On n’a même plus accès à la rivière, à une source et aux espaces de bivouac ce qui est scandaleux !

Il est presque 20h, la nuit commence à arriver, on n’a pas assez d’eau pour tenir si on ne se ravitaille pas ce soir, donc c’est mission urgence à trouver un espace de bivouac. On se dirige vers la rivière, toujours une valeur sûre. Et là après un pont suspendu, un espace de bivouac au top juste à côté de la rivière (emplacement pour une toute petite tente seulement) ! On monte la tente à la frontale et on se remet de nos émotions 🙂

Si nous n’avions rien trouvé nous serions aller vers le gîte et éco camping du Mas de la Fargassa juste à côté mais étant donné l’heure, pas sûrs qu’ils nous auraient acceptés mais sachez qu’il y a quand même une solution pour ceux qui ne font pas de bivouac.

Si la journée s’était passée normalement, nous aurions dû faire le trajet refuge des Cortalets jusqu’à la ville d’Arles sur Tech. Puis le lendemain, on serait arrivés dans la matinée au point où nous sommes ce soir. On a pris un peu d’avance sur la journée du lendemain en fait.

J38 : Du bivouac Moulin de la Palette au village de Las Illas (17 septembre 2021)

21 km / 7h30 / 700m D+ et 800m D-

On se remet en chemin, on repasse devant l’ancien gîte et on reprend le sentier du GR10. On entame la montée de 700m D+ vers le Roc de France et on entame ensuite la descente vers Las Illas. On voulait faire du bivouac à côté de la Chapelle Notre-Dame du Remède mais aucun point d’eau. Donc on se dirige vers le centre-ville vers le gîte communal tenu par la mairie. Avant il y avait une zone de bivouac en plein centre-ville, mais après une coulée de boue dévastatrice, le bivouac à ce niveau là est interdit pour raison de sécurité. L’espace de bivouac a été déporté sur le terrain de pétanque du gîte. Et on a accès aux douches, sanitaires, cuisine et salle commune gratuitement si on est en bivouac ! Donc ce soir c’est le luxe avec une douche chaude ! Merci à cette commune ! Sinon le gîte propose un dortoir de 15 places.

J39 : Du village de Las Illas au refuge du Col de L’Ouillat (18 septembre 2021)

25 km / 8h / 700m D+ et 400m D-

La journée est longue mais sans difficulté particulière. En milieu de journée on passe par la ville du Perthus, ville frontalière entre la France et l’Espagne. Puis on remonte l’après midi vers le Col de l’Ouillat où on aperçoit l’Espagne toute proche ! On approche vraiment du but, demain déjà l’arrivée !

Mas catalan sur la route
Le Perthus

On arrive au refuge du Col de l’Ouillat encore une fois trempés, la pluie s’étant invitée pendant notre dernière heure de marche. Décidément cette partie des Pyrénées nous aura fait presque regretter la Bretagne !

On est super bien accueillis, on nous propose tout de suite de se réchauffer avec une boisson chaude mais on opte plutôt pour une bière locale en pression (on est quand même bretons d’adoption 😉 ). Puis on va poser notre tente sur les emplacements de bivouac où c’est gratuit ! En prenant le repas du soir et/ou petit-déjeuner on a accès aux douches et sanitaires. Sinon le refuge propose des chambres individuelles et un dortoir. Etant donné que ce refuge est accessible par la route, il est vivement conseillé de réserver à l’avance. On nous sert un excellent repas ainsi qu’un copieux petit-déjeuner. Vraiment encore une adresse qu’on conseille (surtout que c’est accessible par la route donc facile d’accès).

Tarif : 40 euros/personne pour bivouac et repas du soir + petit déjeuner

J40 : Du refuge du Col de L’Ouillat à Banyuls (19 septembre 2021)

23 km / 8h / 500m D+ et 1300m D-

Et voilà nous y sommes, c’est le dernier jour de l’aventure ! Et pour finir en beauté nous avons un temps radieux, presque caniculaire sur l’après-midi…

On démarre la journée en montant notre dernier Pic, le Pic du Néoulous. Nous avons une vue à couper le souffle sur la plaine du Roussillon. On aperçoit la Mer Méditerranée très clairement, enfin, et on va bientôt la toucher dans quelques heures !

Pic du Néoulous
Vue sur l’Espagne

Vue sur la Méditerranée côté France

Puis après quelques heures de marche sans difficulté, on entame la dernière grande descente vers Banyuls (1100m de D-). Pour bien finir ce GR10, cette dernière descente n’est pas évidente, de la caillasse, des passages glissants, on est dans la retenue et nos muscles et articulations souffrent. Mais c’est le dernier jour alors on serre les dents et la vue de la mer se rapprochant nous fait oublier tout ça !

Vers 17h30 on atteint le terminus, la mairie de Banyuls où la photo souvenir est obligatoire 🙂 Plein d’émotions à ce moment là et on ne réalise pas tellement que c’est la fin de cette aventure. 40 jours mais qui sont finalement passés très vite tellement chaque jour a été différent, chaque jour a été une aventure.

Banyuls au loin
Panneau d’arrivée à la mairie

Notre avis sur cette aventure sur le GR10

Ce GR10 a été une aventure sportive, mentale et humaine. Bien plus intense que les 2 autres GR que nous avons pu faire. Tout simplement en raison de la durée. Plus longue cette fois, cette aventure nous a permis de ressentir pleinement cette sensation de bien-être pendant la marche, de nous dépasser, de faire face à des situations imprévues (orages, contournement à planifier à la dernière minute, bivouac à trouver). La montagne et la météo ont été plus fortes car nous avons marché 40 jours au lieu des 50 prévus soit 700 km parcourus au lieu des 900 prévus. Pour nous le bilan est tout de même positif car nous avons atteint notre objectif de traverser les Pyrénées et c’est cela le plus important. Et c’est tout de même une belle performance étant donné que notre durée maximale sur un GR était de 12 jours !

Des souvenirs forts, des moments intenses et des rencontres éphémères mais sincères, voilà le programme si vous vous lancez à votre tour dans une telle aventure. Ne croyez pas que vous n’en êtes pas capables, vous seriez très étonnés. Nous avons croisé tellement de profils différents : des familles avec des enfants, des couples, des personnes seules (dont beaucoup de femmes) et même une femme seule de 70 ans ! Chacun fait ce sentier à son rythme, sur une petite portion de quelques jours, d’une semaine ou un peu plus. Le principal étant d’obtenir cette connexion avec vous-même et la nature et la puissance de la montagne et de profiter de moments simples : manger, trouver de quoi se laver, trouver de l’eau, rencontrer et échanger un bout de chemin avec des inconnus. Bien sûr, il est important de préciser qu’il faut un minimum de préparation physique avant de partir et du bon matériel que vous aurez testé au préalable.

Pourquoi se lancer dans une telle aventure ? Il y a différentes raisons et différents profils de personnes. Comme certains se lancent sur le Chemin de Compostelle ou d’autres sentiers, marcher procure un apaisement de soi permettant de réfléchir à un projet de vie, de trouver des solutions à des problèmes, de se concentrer sur l’essentiel. Beaucoup se lancent après une démission, une séparation, un besoin de repartir sur de nouveaux projets. Le fait de marcher va vous permettre de prendre le temps de réfléchir et de faire une réelle introspection. Sinon, il y a aussi juste le plaisir de la marche, s’émerveiller devant des paysages époustouflants et changer sa routine. N’y a-t-il pas plus beau sentiment de liberté que de prendre son sac à dos et de partir marcher à l’aventure ? Pour des récits inspirants dans cette thématique de voyage à pied au long cours, nous vous conseillons d’aller faire un petit tour sur le blog de Pauline Wald (Pauline Across the Worlds). Une jeune femme qui a quitté son CDI dans le secteur bancaire pour partir faire le chemin de Compostelle pendant plusieurs mois à pied et qui en a retiré un documentaire époustouflant “Chemins de Vie – Marcher vers son essentiel“.

Nous concernant, nous n’étions pas venus chercher un but particulier sur ce GR10, nous sommes venus pour ressentir ce sentiment de liberté spécifique aux treks, le bonheur du contact avec la nature sauvage et avions besoin de cette grande pause pour repartir sur de nouveaux projets de voyage. Ça été un réel bonheur du début jusqu’à la fin. Traverser tous ces départements, rencontrer toutes ces personnes, goûter toutes ces spécialités locales proposées avec fierté, alterner des paysages aussi époustouflants les uns que les autres, croiser la route de nombreux animaux sauvages, cette parenthèse de vie nous marquera à jamais.

Ce qui est certain c’est que notre sentiment de liberté et notre soif de découvertes sont encore plus aiguisés et attendent avec impatience la suite des aventures de notre vie 🙂

Alors, qui va sortir de sa zone de confort et se lancer dans cette aventure sur le GR10 ?

Voyage effectué en Août/Septembre 2021